Pas question que je te montre, tu n’y comprendrais rien!!!

Dans un article de la revue Psychologie mis à jour en 2015, dont le titre La philo est-elle utile aux enfants? m’a interpellé, j’ai été très surpris de découvrir qu’on y cite l’auteur Jean-Paul Mongin, de la maison d’édition des Petits Platons, selon qui «les très jeunes enfants ne peuvent pas comprendre une argumentation». Il ne précise pas l’âge (le mot «très» peut avoir plus d’un sens), mais il est probable qu’il renvoie à des enfants de 3-4-5 ans.   Il n’a probablement pas lu les travaux importants en la matière du psychologue et philosophe Lev Vygotsky. Car s’il l’avait fait, et qu’il avait compris l’importance des travaux de ce psychologue, notamment la zone proximale de développement, il aurait été plus nuancé dans son propos…

C’est même à se demander s’il est déjà entré dans une classe où de très jeunes enfants  (accompagné d’un adulte qui met ces enfants au défi de penser) pratiquent la philosophie depuis un certain temps. Il aurait alors entendu que, même très jeunes, les enfants sont capables de travailler avec des concepts pour le moins abstraits (tout concept l’est, certains plus que d’autres) et que dans le cadre d’une communauté de recherche, ils arrivent rapidement à argumenter… à être en désaccord, à trouver des contre-exemples, etc.  Je reviendrai prochainement pour montrer ce qu’il en est avec des verbatims d’enfants de ces âges où l’on voit clairement qu’ils argumentent, pensent de façon abstraite, etc… Pour l’instant, le temps me manque.

Encore faut-il aussi savoir s’y prendre. Ce n’est pas parce qu’on écrit des livres dits philosophiques pour les enfants qu’on sait comment faire avec eux pour qu’ils pensent de façon critique, avec originalité, profondeur et sensibilité… Et qu’on ne soit pas surpris qu’ils n’y arrivent pas si, en plus, ce qu’on leur propose comme matériel ne vient pas montrer des enfants en train d’argumenter, de penser avec rigueur, profondeur, etc. L’imitation est un principe fondamental en éducation. Matthew Lipman, le père de la  philosophie pour enfants, s’appuyant notamment sur les épaules de John Dewey, l’avait  déjà bien compris en 1969. Toutes ses histoires (dans lesquelles il n’y a aucune image) montrent, donnent en exemple, des enfants, peu importe l’âge, en train de penser de façon critique, créative et attentive.

Je crois que je comprends mieux maintenant ce souci qu’ont certains auteurs de valoriser l’image au détriment du texte dans les albums jeunesse dédiés à la pratique de la philosophie avec les jeunes enfants.  IL y a un présupposé ici qui demanderait un sérieux examen, et pas seulement à la lumière des théories de Jean Piaget.

réponses

  1. Bonjour, C’est la deuxième courriel que je reçois et que je clique sur « la suite »… et il n’y a rien… À vérifier…

    ________________________________

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :