La philosophie pour enfants: un langage à apprendre… suite

libéraux

 

Ce court billet est une suite au billet du mois de mars dernier.

La philosophie, comme toute discipline, est un langage. Comment apprend-on sa langue ? Comme toutes les autres : en la parlant. Peu à peu, elle deviendra de plus en plus intériorisée et permettra alors des emplois particuliers de plus en plus nuancés, remplis de sens.

Ce qu’on apprend quand on apprend une langue, ce ne sont pas les phrases prononcées, mais les structures grammaticales qui en permettent l’existence. Ce sont ces structures grammaticales ( dans le cas de la philosophie, notamment, les habiletés de penser que sont le raisonnement, la recherche, l’organisation de l’information et l’interprétation) qui se construisent peu à peu et de manière de plus en plus inconsciente dans la pensée de ceux et celles qui pratiquent cet art.  Plus ces structures sont intériorisées, plus les emplois particuliers en discours ont du sens!  Plus les questions deviennent riches, plus le mystère de la vie s’enrichit! Plus ce qu’on y entend se comprend.

Apprendre le langage qu’est la philosophie, c’est passer du plan empirique (celui du discours, de ce qui se dit) au plan puissantiel (terme employé par le linguiste Gustave Guillaume qui renvoie à la langue).  Plus précisément, il y a un passage analytique, potentialisant, des conséquences entendues dans le discours aux conditions comprises – comme comprenant les conséquences, c’est-à-dire un passage du plan empirique au plan puissanciel. Ce serait cela qui se passe quand un enfant apprend à faire de la philosophie en communauté de recherche. Il ne s’agit donc pas d’apprendre des philosophies par coeur, ni, en tant que pédagogue se concentrer sur ce que les enfants disent, mais de leur permettre de faire le passage analytique, potentialisant, des conséquences entendues aux conditions comprises – comme comprenant les conséquences (pour l’animateur, se concentrer sur les habiletés de penser et les rapports sociaux entre les enfants).  Il s’agit de la mémoire virtuelle, et non d’une mémoire empirique.  La mémoire virtuelle ne remplace pas la mémoire empirique, mais s’ajoute à elle.

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