La pratique de la philosophie en communauté de recherche: entre rupture et continuité

La pratique de la philosophie en communauté de recherche est un acte subtil, exigeant de la part des participants et de l’animateur une attention soutenue et le déploiement d’une pensée complexe, multidimensionnelle où pensée critique, créatrice et attentive sont en constant dialogue. Imaginée par Lipman et Sharp comme étant le contexte le plus approprié pour pratiquer la philosophie avec les enfants, elle permet notamment le développement ou le renforcement d’habiletés de penser utilisables dans différents contextes et l’intériorisation de dispositions sociales permettant un mieux vivre-ensemble. Appuyée par des centaines d’expérimentation montrant les bienfaits d’une telle pratique, il n’est pas étonnant qu’elle soit présente dans près de 70 pays et que sa popularité n’a de cesse de grandir. Utilisée à l’origine principalement avec les enfants, elle fait maintenant l’objet d’expérimentations avec des gens de tous âges. Par là, la pratique de la philosophie me semble retrouver ses origines : une activité sociale visant à penser sa vie et vivre sa pensée, comme l’évoquait André Comte Sponville. Et cela n’a pas d’âge, ni de contexte précis. Lire la suite

Dewey et Lipman: en quête d’une éducation pour la pensée

Lipman et Dewey

Il me fait grand plaisir de laisser la place à Samuel Nepton pour le prochain billet portant sur des liens entre John Dewey (à gauche) et Matthew Lipman.

Samuel termine sa maîtrise en philosophie pour les enfants, laquelle porte sur la notion de sens en éducation et tout particulièrement dans la philosophie de l’éducation de John Dewey.  Il connait très bien la philosophie pour les enfants et est notamment formateur pour l’organisme SEVE Formation Canada. Lire la suite

12 autres conduites à éviter lorsqu’on anime en Philosophie pour les enfants (suite et fin)

libéraux

Ce billet est la suite du précédent portant sur 13 conduites à éviter au moment d’animer une communauté de recherche philosophique.  Voici 12 nouvelles conduites à éviter. Celles-ci, comme les précédentes, sont tirées du guide pédagogico-philosophique Recherches philosophiques (Lipman, Sharp, Oscanayan) qui accompagne le roman La découverte de Harry (Lipman).  J’ai souhaité commenter chacune de ces pratiques à éviter en montrant, autant que faire se peut, pourquoi il serait souhaitable d’éviter ces manières d’être et de faire. Elles vont à l’encontre des principes qui sont à la racine de la pratique de la philosophie avec les enfants, du moins celle qui est en jeu lorsqu’on s’inspire des travaux de M. Lipman et A. M. Sharp. Lire la suite

13 conduites de l’animateur à éviter en philosophie pour enfants

 

libéraux

Le programme de Philosophie pour enfants de M. Lipman et A. M. Sharp se compose de romans pour les enfants et de guides pour les animateurs.  Ces derniers, allant de la maternelle à la fin du secondaire, contiennent des milliers de plans de discussion et exercices qui, utilisés de façon appropriée, permettent aux enfants et adolescents d’aller au-delà de leur étonnement originel et, en plus de les supporter dans leur effort visant à donner du sens à leur expérience, leur permet de pratiquer un ensemble d’outils de la pensée nécessaire à la production de jugements raisonnables, nuancés.  Parmi ces guides se trouve celui qui accompagne le roman La découverte de Harry et qui a pour titre: Recherches philosophiques.  Comme tous les autres guides, il est divisé en chapitres, chacun de ces derniers étant en lien avec un chapitre du roman.  Ce guide a cette particularité de débuter par un avertissement.  Au lieu d’indiquer les conduites (de l’animateur) à respecter pour que les enfants puissent faire de la philosophie en communauté de recherche, sa première page est une liste de 25 conduites à éviter lorsqu’on transforme le lieu où l’on se trouve (la classe, le camp de vacances…) en communauté de recherche philosophique.  Dans les lignes qui suivent, je vais commenter 13 de ces points.  Dans un prochain billet je commenterai les 12 autres points. Cela devrait aider à voir que la Philosophie pour les enfants est à l’opposé d’un enseignement traditionnel de la philosophie, et propose bel et bien une invitation à s’aventurer, ensemble, dans la pensée.  Voyons voir… Lire la suite

La pratique du dialogue en communauté de recherche ou l’art d’apprendre à discerner de façon raisonnable.

libéraux

Voici un extrait d’un dialogue qui a peut-être eu lieu en 2004 avec ma collègue et amie, Slavka Jindra, en République Tchèque. 13 ans plus tard, je ne changerais pas grand chose à ce petit dialogue… Lire la suite

Quelques conduites à observer dans une communauté de recherche philosophique (2)

 

libéraux

Dans un billet déposé au mois de janvier, j’ai présenté une série d’éléments à observer dans une communauté de recherche philosophique (CRP).  Voici une nouvelle liste d’éléments à observer (elle n’est pas entièrement nouvelle, car certains éléments sont repris, tant ils sont importants pour la mise sur pied d’une CRP.) Ces éléments sont des conduites cognitives, sociales et affectives des enfants engagés dans la recherche. Chacun de ces éléments, comme dans le billet précédent, est présenté.  Le tout est précédé par un prologue qui, je l’espère, montre bien que tous ces éléments sont en relation.

En outre, afin d’aider les enfants à s’engager activement dans ces conduites, l’animateur à un rôle important à jouer. Les points A.1, A.2, A.3, A.4 et A.5 donnent une idée de quelques-unes des conduites de l’animateur.  Mais elles ne sont pas définies dans ce billet. Pour plus de précisions concernant les conduites de l’animateur, vous pouvez consulter le billet: Conduites de la personne qui anime une communauté de recherche.

Toutes les définitions des éléments sont extraites et adaptées de GAGNON, Mathieu et SASSEVILLE, Michel. Penser ensemble à l’école ; des outils pour l’observation d’une communauté de recherches philosophique en action, 2e éd. PUL, 2012.

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Rôles des histoires destinées aux participants d’une communauté de recherche selon l’approche de Matthew Lipman et Ann Margareth Sharp

Le programme de philosophie pour les enfants de Matthew Lipman et Ann Margareth Sharp s’appuie sur des histoires philosophiques écrites pour les enfants. Remplissant plusieurs fonctions dans ce programme, elles ont notamment pour but de motiver les enfants à s’engager dans des pratiques de la philosophie; elles fournissent des modèles de ces activités en montrant différentes pratiques de la philosophie; elles permettent d’inviter les enfants à examiner leur expérience quotidienne en centrant l’attention sur ses dimensions intrigantes et problématiques; elles visent à initier les enfants à la culture philosophique de manière non dogmatique; prenant la forme d’une recherche dialogique, elles donnent à l’enfant-lecteur la possibilité de ne pas avoir à lutter avec les prétentions de vérité d’un auteur; combinées à des pratiques de la philosophie en classe, elles pourraient contribuer à une unification du curriculum scolaire. Lire la suite

Quand la partie devient le tout ou le tout devient la partie : comment s’endormir dans le stéréotype.

Il y a probablement plusieurs façons de s’installer confortablement dans un stéréotype. J’en connais au moins deux qui sont examinées avec attention en philosophie pour enfants. Ces deux façons de faire sont en lien avec notre manière de penser. Regardons d’un peu plus près. Lire la suite

La communauté de recherche utilisée avec des personnes de plus de 50 ans!

Il me fait grand plaisir de laisser la place à Caroline Mc Carthy pour le prochain billet.  Il y sera question d’une activité déployée au Centre-du-Québec permettant à des personnes de 50 ans et plus de vivre la création d’une communauté de recherche!  Eh oui, la communauté de recherche n’est pas réservée uniquement aux enfants et adolescents.  11 groupes sont déjà créés, mais il reste de la place, notamment pour le groupe publique à Victoriaville. Très intéressant! Lire la suite

Le pragmatisme de Dewey et la philosophie pour les enfants de Lipman

John Dewey

Le pragmatisme qui caractérise Lipman  (père de la philo pour enfants)– il n’a jamais caché son sentiment favorable à l’égard du pragmatisme en général et de celui de John Dewey en particulier – l’a conduit beaucoup plus loin que l’horizon théorique entrevu par Dewey. En effet, au lieu de se satisfaire d’une considération purement théorique sur la nature même d’une éducation intellectuelle, il envisagea en plus la mise sur pied d’un programme de philosophie, entièrement redessiné si on le compare aux programmes actuels, qui saurait répondre aux objectifs qu’il s’était fixé; de l’intention, il poussa donc le projet jusqu’à sa réalisation et créa un programme de philosophie pour enfants. Lire la suite

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