Quelques influences ayant marqué la route de la philosophie pour enfants

Lipman et Dewey

Inspiré par la pensée de John Dewey, le père de la philosophie pour enfants, Matthew Lipman, voyait dans la pratique de la philosophie une activité extraordinaire pour qui veut faire de l’école un lieu où l’on apprend à penser. Pour Dewey, l’école, par le biais de la recherche, doit être un lieu d’apprentissage de l’art de penser. Mais au lieu de s’appuyer, comme Dewey, sur la démarche scientifique pour y arriver, Lipman considérait que la philosophie était encore mieux adaptée à cet objectif en raison du fait que les concepts en philosophie sont centraux dans l’expérience humaine, qu’ils sont contestables et qu’ils convoquent aisément, du même coup, la discussion. Mais il n’y a pas que Dewey qui inspira Lipman. Lire la suite

RÉPARER LES VIVANTS : LA VULNÉRABILITÉ ET SES RÉGIMES DE REPRÉSENTATION

Lipman et Dewey

RÉPARER LES VIVANTS :

LA VULNÉRABILITÉ ET SES RÉGIMES DE REPRÉSENTATION

Colloque international du CRIV — U. Laval

Communauté de Recherche Interdisciplinaire sur la Vulnérabilité

En collaboration avec l’ÉRIAC — U. de Rouen

Équipe de recherche interdisciplinaire sur les aires culturelles

13-14 juin 2018

Université Laval

Pavillon De Koninck

Salle du conseil (DKN-3244)

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La philosophie pour enfants et la pratique de la pensée attentive

libéraux

En philosophie pour les enfants, trois formes de pensée entrent en dialogue: la pensée critique, créative et attentive. Chacune est pratiquée dans le contexte de la communauté de recherche.  Si la pensée critique et créative ont souvent été traitées sur ce site, il en va tout autrement de la pensée attentive. Quelques billets portent sur elle. Trop peu. Et pourtant, elle est peut-être des trois formes de pensée celle qui est la plus importante en philosophie pour enfants. Je pourrais la présenter comme on le fait habituellement.  Elle est une forme de pensée en lien avec l’empathie, les émotions, la valorisation, etc… Mais pour y voir plus clair, cette fois-ci, je prendrai plutôt une comparaison que j’aime parfois utiliser pour faire voir ce que j’en comprends: pratiquer la pensée attentive, c’est comme écrire une lettre d’amour. Lire la suite

Grandir en humanité par la philosophie pour enfants: 4- la simplicité

 

libéraux

Dans son Petit traité des grandes vertus (Paris, PUF, 1995), Comte Sponville souligne, à propos de la simplicité qu’elle est «oubli de soi, c’est en quoi elle est une vertu: non le contraire de l’égoïsme, comme la générosité, mais le contraire du narcissisme, de la prétention, de la suffisance» (p. 205).   Comment la pratique de la philosophie en communauté de recherche permet-elle de développer cette vertu?  Les lignes qui suivent devraient alimenter la réflexion à ce sujet. Lire la suite

Grandir en humanité par la philosophie pour enfants: 3- la bonne foi

libéraux

Participer à la création d’une communauté de recherche philosophique c’est accepter d’apprendre à discuter, à délibérer, avec ses pairs.  Et cela demande plusieurs habiletés: savoir écouter, savoir reconnaitre les faits de l’imaginaire, savoir penser avec l’autre, savoir se remettre en question, savoir s’excuser même… La liste est longue et d’autres billets sur ce site en font une description assez précise.

Mais cela demande aussi quelques forces morales qui conduisent l’être humain au bien, dont la bonne foi.  La bonne foi?  Oui, oui, comme l’écrivait Comte Sponville dans son Petit traité des grandes vertus, Paris, PUF, 1995, cette vertu consistant à ne pas mentir et surtout ne pas se mentir.  Mais les deux vont ensemble plus souvent qu’autrement! Lire la suite

Grandir en humanité par la philosophie pour enfants: 2- l’humilité

libéraux

André Compte Sponville, dans son Petit traité des grandes vertus, Paris, PUF, 1995, disait de l’humilité qu’elle «n’est pas ignorance de ce qu’on est, mais plutôt connaissance ou reconnaissance, de tout ce qu’on n’est pas.» (p. 187).  Voilà une bien belle porte d’entrée pour saisir ce qui se passe dans une communauté de recherche philosophique. Lire la suite

Grandir en humanité par la philosophie pour enfants: 1- la douceur

libéraux

Je relisais récemment le livre d’André Compte Sponville, Petit traité des grandes vertus, Paris, PUF, 1995.  Et, tout à coup, je me suis rendu compte que les vertus (force morale  tendant celui ou celle qui les possède vers le bon) présentées dans son livre: politesse (qui n’en est pas une), fidélité, prudence, tempérance, courage, justice, générosité, compassion, miséricorde, gratitude, humilité, simplicité, tolérance, pureté, douceur, bonne foi, humour et finalement amour sont, pour la plupart, des dispositions développées en philosophie pour enfants.  Je ne sais pas si j’aurai le temps (et l’envie) de toutes les aborder, mais je pense qu’à en prendre quelques-unes, on pourra peser un peu mieux la portée de la philosophie pour enfants quand on ne la considère pas uniquement sous l’angle de la formation de la pensée critique.  Elle est bien plus que cela.  Il s’agit, je l’ai écrit ailleurs, d’une manière de vivre, avec soi et les autres. Une manière de grandir en humanité. Rien n’est gagné d’avance et cela exige un travail continu, mais si la chance nous ait donnée de rencontrer des gens de même «nature», qui ont sincèrement envie de vivre cette manière de vivre, alors la joie est présente, l’amitié s’installe, la créativité s’en trouve renouvellée et l’humanité ne peut que s’en réjouir.  Lire la suite

La pratique de la philosophie à l’école

libéraux

(Article légèrement remanié et publié une première fois dans la revue Interface (revue de l’ACFAS).

D’entrée de jeu, éliminons un préjugé : l’idée de faire de la philosophie avec les enfants n’est pas récente. Déjà, au moyen âge, on invitait les enfants à s’initier, vers l’âge de 12 ans, aux principes de la logique.[1] Ce que notre époque apporte de particulier dans cette longue histoire des rapports entre la philosophie et les enfants, c’est la venue d’un programme structuré permettant aux enfants, dès la maternelle, de pratiquer l’ensemble des disciplines qu’on retrouve en philosophie (éthique, esthétique, logique, métaphysique, etc.). On doit l’existence de ce programme à un philosophe américain, Matthew Lipman (et sa collaboratrice Ann Margareth Sharp), qui, à la fin des années ’60, envisage sérieusement l’idée de redessiner l’enseignement de la philosophie dans son ensemble afin qu’elle devienne accessible aux enfants et qu’elle puisse dès lors servir d’instrument pour la formation intellectuelle et morale des adultes de demain. Lire la suite

La pratique de la philosophie en communauté de recherche: entre rupture et continuité

La pratique de la philosophie en communauté de recherche est un acte subtil, exigeant de la part des participants et de l’animateur une attention soutenue et le déploiement d’une pensée complexe, multidimensionnelle où pensée critique, créatrice et attentive sont en constant dialogue. Imaginée par Lipman et Sharp comme étant le contexte le plus approprié pour pratiquer la philosophie avec les enfants, elle permet notamment le développement ou le renforcement d’habiletés de penser utilisables dans différents contextes et l’intériorisation de dispositions sociales permettant un mieux vivre-ensemble. Appuyée par des centaines d’expérimentation montrant les bienfaits d’une telle pratique, il n’est pas étonnant qu’elle soit présente dans près de 70 pays et que sa popularité n’a de cesse de grandir. Utilisée à l’origine principalement avec les enfants, elle fait maintenant l’objet d’expérimentations avec des gens de tous âges. Par là, la pratique de la philosophie me semble retrouver ses origines : une activité sociale visant à penser sa vie et vivre sa pensée, comme l’évoquait André Comte Sponville. Et cela n’a pas d’âge, ni de contexte précis. Lire la suite

Rôles des histoires destinées aux participants d’une communauté de recherche selon l’approche de Matthew Lipman et Ann Margareth Sharp

Le programme de philosophie pour les enfants de Matthew Lipman et Ann Margareth Sharp s’appuie sur des histoires philosophiques écrites pour les enfants. Remplissant plusieurs fonctions dans ce programme, elles ont notamment pour but de motiver les enfants à s’engager dans des pratiques de la philosophie; elles fournissent des modèles de ces activités en montrant différentes pratiques de la philosophie; elles permettent d’inviter les enfants à examiner leur expérience quotidienne en centrant l’attention sur ses dimensions intrigantes et problématiques; elles visent à initier les enfants à la culture philosophique de manière non dogmatique; prenant la forme d’une recherche dialogique, elles donnent à l’enfant-lecteur la possibilité de ne pas avoir à lutter avec les prétentions de vérité d’un auteur; combinées à des pratiques de la philosophie en classe, elles pourraient contribuer à une unification du curriculum scolaire. Lire la suite

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