Appréciation du cours en ligne L’observation en philosophie pour les enfants

Avec sa permission, je laisse la place à Mélissa Lachance qui est sur le point de terminer son cours à distance portant sur l’observation en philosophie pour les enfants. Son appréciation du cours me laisse bouche-bée!!!

Un peu de contexte s’impose toutefois. Dans le dernier module du cours, nous posons 2 questions aux étudiant-e-s: 1- Que retenez-vous de ce cours? 2- Quelle est votre appréciation de ce cours: – sous l’angle du contenu (philosophie pour les enfants); – sous l’angle de sa forme (OVC: la pédagogie utilisée dans ce cours en ligne)?

Voici ce que Mélissa, dans son Document synthèse 2 soumis le jeudi 04 décembre 2014 à 09:35, a écrit (tenez-vous bien, ça va loin!!!):

1. Ce que je retiens de ce cours va au-delà de toutes les théories et approches didactiques vues dans le curriculum du bac en enseignement. Comment cela est-ce possible? Ayant complété 120 crédits en éducation, comment puis-je être à la fois être si enthousiaste, surprise, bouche bée devant un seul et unique cours ne valant que 3 crédits? Peut-être, cela est dû au fait que j’ai complété les cours de Penser par nous-mêmes totalisant un nombre de 6 crédits à la même session, mais la question reste toujours présente. Je pense que pour la première fois depuis mon entrée à l’université, je me suis sentie déboussolée, perdue, mais surtout curieuse concernant une matière que je ne considérais pas comme étant essentielle au curriculum du secondaire et encore moins de celui du primaire. Ce que je réalise à la suite de ce cours est que ma réflexion initiale était fausse. Elle était faussée par mes 120 crédits en éducation qui m’ont appris comment devenir enseignante; toutefois, le cours Observation en philosophie pour les enfants (offert sur l’OVC) m’a permis de m’ouvrir sur ma profession en considérant quel type d’impact mon enseignement pouvait laisser à long terme. En voyant évoluer ces jeunes de semaine en semaine, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup plus à apprendre à l’école que les maths et le français. Tout humain sur terre est doté de la pensée, nous pensons tous les jours; pourtant, personne ne nous enseigne à bien penser. Certes, il y a les exposés oraux parfois présentés sous forme de débat qui nous amènent à justifier un point de vue, mais encore ce n’est qu’un point de vue, ce n’est pas le nôtre dans un contexte réel de discussion et de délibération. Étant auparavant submergé dans l’enseignement de mes compétences disciplinaires de programme, je suis maintenant beaucoup plus ouverte aux compétences transversales prescrites par le MELS, et ceci, grâce à une approche plus philosophique, qui centre l’élève au centre de son apprentissage et qui lui laisse le temps de développer sa pensée.

Ma vision de l’enseignement a beaucoup changé avec ce cours. Je saisis le rapport d’autorité élève à enseignant très différemment et je considère que la philosophie doit être prise au sérieux dans l’éducation de nos jeunes. Je le pense sincèrement. Si de plus en plus de gens deviennent curieux comme moi et se laissent embarquer dans ce bon projet éducatif qu’est la pratique de la philosophie pour enfants en communauté de recherche, il ne peut qu’y résulter un grand succès et surtout la création d’un monde meilleur.

2. Sous l’angle du contenu, ce cours est un tremplin pour une pratique éclairée de la philosophie avec les enfants. Ayant lu le livre La pratique de la philosophie avec les enfants écrit par Michel Sasseville avant le début de ce cours, j’ai pu élargir ma compréhension de la communauté de recherche philosophique, grâce à la série documentaire Des enfants philosophent. Il est important de mentionner que l’ordre des émissions nous permet de bien nous situer dans le temps vis-à-vis de l’implantation d’une communauté de recherche philosophique et de constater les différentes composantes qui en font son succès. Nous voyons de semaine en semaine ce que la communauté de recherche crée en elle-même ainsi que les interactions qui peuvent en découler.

Le fait d’avoir à produire, chaque semaine, des rapports initiaux, comparatifs, etc. nous permet d’observer non seulement les activités liées au rôle de participants et d’animateur, mais cela nous permet également d’observer certaines séquences données et d’y découvrir les habiletés de pensées qui y sont en jeux. Ceci est fort puissant par soi-même puisque nous ne faisons pas que regarder les émissions portant sur le fonctionnement d’une communauté de recherche, ni que simplement observer : nous observons par et pour nous-mêmes et nous y collaborons concrètement par notre analyse remise sous forme de rapport. Aussi, nos réflexions peuvent aider d’autres participants de l’OVC à se « former une tête ». De ce fait, nos propres observations sont soumises aux commentaires et réflexions des autres participants et c’est sous ce contenu que l’OVC se démarque des autres cours magistraux donnés en classe ou même de ceux qui se complètent à distance grâce au portail de cours.

Sous l’angle de sa forme, l’OVC est une ressource qui devrait également être utilisée dans la faculté de l’enseignement puisque la théorie sans observation est comme une classe sans élèves. Nous avons appris beaucoup grâce à nos cours de didactique, mais rares sont ceux qui se souviennent de tous les stades de développement cognitif du jeune dans une matière donnée. Plusieurs habiletés cognitives, métacognitives, affectives et sociales, etc. sont développées à tous les jours dans nos classes et même comprises dans le Programme de formation de l’école québécoise du MELS; pourtant, ces moments, ces séquences ne sont pas souvent filmés et analysés. L’analyse de séquences éducatives proposée sur la plateforme de l’OVC est un pas dans la bonne direction et un exemple à suivre en tant que nouvelle didactique. Comment les futurs enseignants peuvent-ils se démarquer dans leurs aptitudes si tout n’est que théories ou minces observations basées sur les stages I et II? Certes, ce projet pourrait prendre des années à voir le jour, mais il deviendrait l’un des cours les plus constructifs du programme. Par ce projet, je ne veux pas dire qu’il devrait y avoir un seul cours de 3 crédits donné sur l’OVC en enseignement des mathématiques ou du français par exemple, mais qu’il devrait y avoir un cours chaque session universitaire pour que les étudiants puissent voir de leurs yeux et échanger par rapport aux habiletés intellectuelles que leur matière développe chez les jeunes ainsi que les techniques utilisées par l’animateur (l’enseignant), et ce, à différent niveau scolaire.

Bien entendu, en tant qu’étudiants, nous avons parfois accès à certaines séquences vidéo montrées en classe, toutefois, rien de cela n’équivaut à l’immense potentiel de la plateforme OVC. C’est à force de peser sur pause, de prendre le temps de penser, de lire les documents théoriques déposés sur la bibliothèque, de revisionner certaines séquences vidéo contenant un élément « X » et de prendre connaissance des différents commentaires de nos collègues que nous arrivons à bien assimiler la théorie. La pratique remplace l’étude « par cœur » et le concret de l’OVC rend tout plus utile, attrayant et efficace. Nous terminons ce cours en ayant la forte impression d’avoir complété un stage virtuel et ceci est gagnant en soi-même.

Mélissa Lachance, détentrice d’un diplôme d’enseignement de l’anglais, langue seconde.

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