La philo pour enfants: de la tête bien pleine à la tête bien faite

M. Lipman, Thinking in Education, 2e édition, p. 18, 2003 (ma traduction)

Bien peu de personnes ignorent la fameuse phrase de Montaigne: «Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine.» (1533-1592).  Qu’avait-il en tête au moment d’écrire cette phrase devenue célèbre? Peut-être songeait-il au fait qu’une tête bien pleine ne sert à rien si elle ne sait pas utiliser ses connaissances de manière judicieuse…  C’est en tous cas ce que Lipman avait en tête lorsque, vers la fin de sa vie (en 2003), il a tenu à distinguer ce qui, à ses yeux, constituent les principales caractéristiques d’une éducation traditionnelle (tête bien pleine) et d’une éducation réflexive (tête bien faite).   La pratique de la philosophie avec les enfants est à situer du côté d’une éducation réflexive. Lire la suite

La roue du jugement en philosophie pour enfants

Roue imaginée par Matthew Lipman, au-dessus de l’Atlantique, au retour d’une formation au Nigéria (1991, je crois).  J’ai eu grand plaisir, dans l’avion, à discuter de cette roue avec lui…

Traduction de la roue : Nicole Decostre

Dans un précédent billet, je citais Matthew Lipman concernant l’importance de la formation du jugement à l’école. On peut y lire ceci:

« Nos jeunes doivent apprendre à distinguer ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas; ce qui est profond de ce qui est injustifié.  Ils doivent apprendre que dans le monde où ils vivent, la bonté n’est pas toujours de mise, de sorte que la violence envers l’innocent et le faible est considérée à contrecoeur somme injustice et que les victimes sont régulièrement accusées d’être les auteurs de leur propre malheur.  Si l’école enseignait à nos jeunes l’exercice d’un meilleur jugement, elle les protégerait contre ceux qui veulent les convertir à leurs préjugés et les manipuler en les endoctrinant.»  (Matthew Lipman, dans La formation du jugement, dir. Michael Schleifer, Éd Logiques, p. 100.)  Mais ce qui n’était pas mis en évidence dans ce billet précédent, c’est la complexité de la tâche qui attend la personne qui entend faire de sa classe (ou du lieu où elle se trouve) un espace où les enfants sont invités à exercer, et du coup à affiner, leur jugement. Lire la suite

La présence des émotions en philosophie pour enfants

Quand on pense à la philosophie, il arrive qu’on imagine le penseur solitaire, rationnel, froid, tentant de comprendre le monde, la vie, sa propre raison, etc.  Mais ce serait oublier le rôle primordial des émotions dans une enquête philosophique. Et lorsque celle-ci se réalise en commun, comme c’est le cas en philosophie pour enfants, les émotions ont bel et bien leur place, en dialogue avec la raison, grâce notamment à la présence de la pensée attentive. Lire la suite

%d blogueurs aiment ce contenu :