La philo pour enfants: quand les bottines suivent les babines

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Dans quelques heures, j’aurai l’honneur et la joie de prononcer une conférence au Cégep de Joliette portant sur la philosophie pour enfants et sur la révolution qu’elle entraine dans le monde de l’éducation. S’adressant principalement à des étudiant.e.s des cours de philosophie offerts dans ce Cégep (possiblement très nombreux dès lors puisque les cours de philo sont  «encore» obligatoires au Cégep), j’espère qu’elle en inspirera plus d’un.e à entrevoir que la philosophie peut être à la fois utile et agréable et que des études dans ce domaine à l’université pourraient les conduire à beaucoup de travail dans les années à venir. Du pré-scolaire à l’université, la philosophie est, et sera, tout aussi importante que l’apprentissage de la langue et des mathématiques, si le but visé est la formation du jugement, d’une pensée nuancée, complexe, multidimensionnelle et surtout: raisonnable. Lire la suite

La pensée critique: qu’est-ce que c’est?

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Avec l’aimable autorisation de mon éditeur, monsieur Denis Dion, voici un chapitre du livre La pratique de la philosophie avec les enfants publié aux Presses de l’Université Laval.  Ce chapitre présente beaucoup d’intérêt à mes yeux car il a été écrit par Matthew Lipman, le fondateur de la philosophie pour enfants.

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La pratique du questionnement en philosophie pour enfants

Dans un billet précédent, j’ai abordé la thématique du questionnement en communauté de recherche philosophique. Je reprends ce billet en tentant d’en approfondir certains aspects et surtout le nourrir de quelques exemples de questionnement. Lire la suite

Comment encourager les enfants à penser par et pour eux-mêmes ?

La différence entre penser et penser par et pour soi-même n’est pas entièrement claire et les distinctions qu’on peut établir entre ces deux manières de penser feront sans doute encore l’objet de nombreuses recherches. Voici quelques suggestions permettant d’entrevoir ces différences (tirées de l’épisode 26 du roman Lisa de Matthew Lipman). Lire la suite

Comment favoriser la formation de la pensée par la philosophie pour enfants?

Je suis en route pour la troisième édition de livre Penser ensemble à l’école: des outils pour l’observation d’une communauté de recherche en action, écrit en collaboration avec mon collègue et ami Mathieu Gagnon. Celle-ci sera considérablement augmentée par l’addition de plusieurs textes touchant les conduites de la personne qui anime un dialogue philosophique avec les enfants et les adolescents. Alors, voici, en avant goût, l’un des nouveaux textes qui en fera partie!  Les propos qui suivent sont de ma main et n’engagent en rien mon ami Mathieu. Lire la suite

La philo pour enfants: de la tête bien pleine à la tête bien faite

M. Lipman, Thinking in Education, 2e édition, p. 18, 2003 (ma traduction)

Bien peu de personnes ignorent la fameuse phrase de Montaigne: «Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine.» (1533-1592).  Qu’avait-il en tête au moment d’écrire cette phrase devenue célèbre? Peut-être songeait-il au fait qu’une tête bien pleine ne sert à rien si elle ne sait pas utiliser ses connaissances de manière judicieuse…  C’est en tous cas ce que Lipman avait en tête lorsque, vers la fin de sa vie (en 2003), il a tenu à distinguer ce qui, à ses yeux, constituent les principales caractéristiques d’une éducation traditionnelle (tête bien pleine) et d’une éducation réflexive (tête bien faite).   La pratique de la philosophie avec les enfants est à situer du côté d’une éducation réflexive. Lire la suite

La présence des émotions en philosophie pour enfants

Quand on pense à la philosophie, il arrive qu’on imagine le penseur solitaire, rationnel, froid, tentant de comprendre le monde, la vie, sa propre raison, etc.  Mais ce serait oublier le rôle primordial des émotions dans une enquête philosophique. Et lorsque celle-ci se réalise en commun, comme c’est le cas en philosophie pour enfants, les émotions ont bel et bien leur place, en dialogue avec la raison, grâce notamment à la présence de la pensée attentive. Lire la suite

Pas question que je te montre, tu n’y comprendrais rien!!!

Dans un article de la revue Psychologie mis à jour en 2015, dont le titre La philo est-elle utile aux enfants? m’a interpellé, j’ai été très surpris de découvrir qu’on y cite l’auteur Jean-Paul Mongin, de la maison d’édition des Petits Platons, selon qui «les très jeunes enfants ne peuvent pas comprendre une argumentation». Il ne précise pas l’âge (le mot «très» peut avoir plus d’un sens), mais il est probable qu’il renvoie à des enfants de 3-4-5 ans.   Il n’a probablement pas lu les travaux importants en la matière du psychologue et philosophe Lev Vygotsky. Car s’il l’avait fait, et qu’il avait compris l’importance des travaux de ce psychologue, notamment la zone proximale de développement, il aurait été plus nuancé dans son propos… Lire la suite

Comment mettre la philosophie à la portée des enfants?

Note au lecteur: article publié dans la défunte revue Médiane il y a déjà presque 20 ans.  Le considérant toujours actuel, je le publie ici à nouveau avec quelques parenthèses pour le mettre à jour et l’espoir qu’il continuera de nourrir la réflexion et l’action.

La naissance de la philosophie se perd dans la nuit des temps. Mais on devine que des êtres humains, à un moment donné de notre histoire, ont commencé à se poser des questions essentielles sur le sens de leur vie. Ce questionnement a franchi les siècles, il s’est précisé avec la venue de la Grèce Antique et en ce début de 21e siècle, nous nous posons les mêmes questions essentielles que l’homme de l’âge préhistorique sur le sens de ce que nous faisons quotidiennement. Cela ne veut pas dire que nos réponses soient exactement les mêmes que les siennes.

Jusqu’à très récemment, on estimait que ces questions étaient réservées à l’homme ou à la femme ayant un âge plus ou moins avancé. Mais depuis 1969, ce préjugé fait l’objet d’un examen qui remet en question notre conception non seulement de la philosophie, mais des capacités des enfants à s’interroger sérieusement sur le sens de leur expérience. C’est à la fin des années ’60, en effet, qu’un philosophe américain, Matthew Lipman, a commencé à redessiner la pratique de la philosophie. Il a voulu la rendre accessible aux enfants, afin qu’elle serve à former leur jugement, qu’elle les rende plus critiques, plus créatifs, qu’elle les habitue à réfléchir avant d’agir, notamment lorsqu’ils sont au cœur même de situations conflictuelles. Lire la suite

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