La philosophie pour enfants: apprendre à vivre la démocratie délibérative

«La plupart des enseignants et des directeurs voient deux objectifs en philosophie pour les enfants : un objectif concernant la société et un autre concernant l’individu. Même si plusieurs pourraient être en désaccord avec moi, je pense que l’objectif social est la démocratie. Nous utilisons la philosophie pour aider les élèves à se préparer à devenir membres d’une société démocratique que nous espérons voir apparaître sur le reste de la planète. Pour devenir des membres capables de bien fonctionner dans une société démocratique, je pense qu’il est nécessaire de savoir bien lire, bien écrire, bien écouter, bien penser. Dans la mesure où la philosophie peut contribuer à la transformation de l’enfant en ce sens, elle prépare le futur citoyen d’une société démocratique.» Matthew Lipman.  Pour plus de détails, voir la série documentaire Des enfants philosophent (13 émissions de 30 minutes chacune).

Êve: enquête philosophique sur la sexualité et l’amour, chapitres 1 et 2

Eve

À nouveau, avec la permission de mon éditeur, M. Denis Dion, directeur des Presses de l’Université Laval, j’ai le plaisir de déposer ici un certain nombre d’extraits des livres que j’ai publiés dans cette maison d’édition, dans la collection «Dialoguer». Tout récemment, j’ai publié le premier chapitre de Êve: enquête philosophique sur la sexualité et l’amour.

Voici le second chapitre de Êve. Les prochaines publications porteront sur des aspects plus théoriques de la philosophie pour les enfants tirés de La pratique de la philosophie avec les enfants et Penser ensemble à l’école.

J’ai ajouté le premier chapitre, de même que l’introduction, la table des matières et les chapitres complémentaires contenant les plans de discussion associés aux chapitres 1 et 2.

Avec ces deux chapitres, vous en avez pour des semaines, voire des mois avec vos étudiant-e-s, vos adolescent-e-s. La sexualité et l’amour sont des expériences complexes qui demandent du temps pour être finement analysées, comprises.  Et quand cette compréhension passe par une enquête philosophique, il ne faut pas craindre de prendre certains détours… question d’avoir un peu de recul!

À nouveau également, je vous souhaite une joyeuse enquête philosophique sur la sexualité et l’amour, avec des ados, avec vous-mêmes, avec qui vous voudrez!

Pour télécharger l’extrait: Êve, chapitres 1 et 2 ainsi que les chapitres complémentaires contenant des plans de discussion.

L’éducation à la paix par la pratique de la philo avec les jeunes

Au mois de novembre 2014, j’ai eu la chance de prononcer une conférence à Genève portant sur l’éducation à la paix et le rôle de l’école dans cette aventure sans fin! Voici le Powerpoint commenté de cette conférence. Le Powerpoint commenté (format vidéo) dure 10 minutes, la conférence de son côté a duré 40 minutes. Il s’agit donc d’un résumé de cette conférence organisée par l’Institut de l’École internationale de Genève. Merci, notamment, à Frédéric Mercier pour cette initiative!


Vue d’ensemble de la seconde partie de la conférence

Êve: enquête philosophique sur la sexualité et l’amour (pour adolescents et adultes), chapitre 1

Eve

Mon éditeur, M. Denis Dion, directeur des Presses de l’Université Laval, vient de m’accorder la permission de déposer sur ce site peu à peu bon nombre d’extraits des livres que j’ai publiés dans cette maison d’édition, dans la collection «Dialoguer».  J’ai choisi de prendre, en tout premier lieu, le premier chapitre de Êve: enquête philosophique sur la sexualité et l’amour.  En tout premier lieu, car attendez-vous à en voir d’autres apparaître dans les mois à venir.

Pourquoi débuter par Êve?  La raison est simple.  Je pense qu’il est extrêmement important que l’éducation sexuelle à l’école, au secondaire comme au primaire, revienne en force et qu’elle se fasse sous forme de communautés de recherche philosophique.

C’est pour cette raison aussi que j’ai ajouté le chapitre de Êve qui, en lien avec le premier chapitre, présente des outils pour engager la discussion avec les adolescents sur les thèmes qui pourraient soulever un intérêt auprès des lecteurs.  Vous trouverez aussi l’introduction du livre ainsi que la table des matières.  Y’a de quoi, vous le verrez, chercher longtemps avec d’autres qui estiment aussi que l’expérience amoureuse et sexuelle est tout aussi complexe que mystérieuse!

Je vous souhaite une joyeuse enquête philosophique sur la sexualité et l’amour, avec des ados, avec vous-mêmes, avec qui vous voudrez!

Pour télécharger l’extrait: Êve, chapitre 1 et chapitre complémentaire contenant des plans de discussion.

La philosophie pour les enfants expliquée aux grandes personnes!

Il est très rare que je poste un vidéo en anglais!  Mais celui-ci dépasse de loin tout ce que j’ai vu en philosophie pour les enfants, sauf la série documentaire Des enfants philosophent.  Mais celle-ci dure près de 7 heures.  Ici, en quelques minutes, on a tôt fait de saisir pourquoi faire de la philo avec les enfants ou les adolescents est si important!

Appréciation du cours en ligne L’observation en philosophie pour les enfants

Avec sa permission, je laisse la place à Mélissa Lachance qui est sur le point de terminer son cours à distance portant sur l’observation en philosophie pour les enfants. Son appréciation du cours me laisse bouche-bée!!!

Un peu de contexte s’impose toutefois. Dans le dernier module du cours, nous posons 2 questions aux étudiant-e-s: 1- Que retenez-vous de ce cours? 2- Quelle est votre appréciation de ce cours: – sous l’angle du contenu (philosophie pour les enfants); – sous l’angle de sa forme (OVC: la pédagogie utilisée dans ce cours en ligne)?

Voici ce que Mélissa, dans son Document synthèse 2 soumis le jeudi 04 décembre 2014 à 09:35, a écrit (tenez-vous bien, ça va loin!!!): Lire la suite

La philo avec les enfants ou comment apprendre à penser, entrevue radiophonique en Suisse

Emission « Haute définition » de Manuela Salvi
diffusée par la Radio Suisse Romane le dimanche 29 août 2010

Qu’est-ce que le bonheur? La beauté ou le courage? Si la philosophie peut nous aider à vivre, elle n’est pas réservée à une élite qui détiendrait la vérité. Peut-elle dès lors nous apprendre à penser? Et à penser ensemble pour surmonter les préjugés et favoriser le dialogue entre les peuples? Et cet apprentissage doit-il se faire dès l’école primaire?
L’origine des discussions philosophiques dans les classes remonte à la fin des années 60. C’est un philosophe américain, Matthew Lipman qui en a l’idée. Il cherchait un moyen de rendre la philosophie accessible aux plus jeunes. Il invente donc un roman destiné aux 10-12 ans et qui met en scène un groupe d’enfants qui découvrent la logique et de l’art de bien penser. Il invente dans la foulée un nouveau genre de pratique philosophique: la communauté de recherche. Chaque membre du groupe prend une part active dans la discussion tout en aiguisant l’objectivité, l’impartialité et l’écoute de l’autre. En 2010, ces pratiques ont pris de l’ampleur et de nombreux pays ont adopté la formule. Avec le même objectif et le même credo: permettre aux enfants de penser par et pour eux-mêmes et avec les autres. Les livres et les guides se sont multipliés et les éditeurs se sont engouffrés dans la brèche.
Effet de mode? Ou besoin de penser ensemble, d’imaginer une société plus ouverte dès l’enfance? Notre modernité, insiste Michel Sasseville, préoccupée des moyens qui peuvent favoriser un dialogue entre les peuples, semble avoir besoin d’instruments qui permettent d’éduquer les enfants (et les adultes) à l’ouverture, à la reconnaissance des différences et à la volonté de vivre paisiblement avec les incertitudes que ces différences peuvent engendrer ». Quoi de mieux que la philo?

Voici quelques questions abordées lors de cette entrevue (15 minutes):

Faut-il introduire la philosophie à l’école?

Quand on dit philosophie on pense tout de suite grands textes, grands philosophes, Platon, Aristote, Kant, Spinoza… C’est forcément intimidant?

Sommes-nous tous philosophes?

La pratique de la philosophie est-ce que c’est valable de 7 ans à 77 ans?

La philosophie pour les enfants part-elle du présupposé que la nature de l’homme est intellectuelle?

Philosopher avec les enfants est un état d’esprit?

Philosopher c’est mettre à jour nos préjugés?

Philosopher avec les enfants est-ce une communication non violente?

Est-ce que les enfants qui font de la philo ont un jugement plus nuancé, sont moins violents?

Comment expliquer la méfiance que suscite parfois la philosophie à l’école?

En quoi une pratique intensive de la philosophie avec les enfants pourrait éviter les écueils d’une société qui va mal?

Vous pouvez télécharger l’entrevue ici directement.

Le fil de nos pensées en communauté de recherche philosophique

Me voilà au-dessus de l’océan Atlantique, de retour d’un long voyage en Suisse qui fut l’occasion de constater, à nouveau, qu’un pays soucieux d’une éducation de qualité pour ses petits, voit dans la pratique de la philosophie avec les enfants un moyen extraordinaire pour le développement de la pensée des enfants. Un moyen d’aller au-delà de ce faible pourcentage de son utilisation (aurait dit Lucy…). Et me voilà avec mes écouteurs, assis en classe économique, attendant patiemment à 900 km/heure que cet oiseau de métal me dépose au Québec où d’autres défis m’attendent. La musique est en moi, mieux, je suis dans la musique. Rien d’autre que cette relation si intime.

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Pourquoi je n’aime pas le mot «débat»! Por que no me gusta la palabra ‘debate’!


Je reviens d’un séjour en Suisse pendant lequel j’ai eu la chance de rencontrer de merveilleuses personnes. Des gens dévoués à l’éducation du petit de l’être humain, des gens heureux de contribuer au développement d’une société meilleure parce qu’habitée par des personnes raisonnables capables de faire preuve de jugement nuancé.

L’une des choses qui m’a beaucoup marqué lors de mon passage en Europe ces derniers jours est l’emploi fréquent du mot «débat» pour décrire la recherche qui est en jeu dans une communauté de recherche philosophique. Le mot «débat» a plusieurs sens et de nombreuses connotations. Parmi celles-ci se trouve la fameuse connotation du débat des chefs pendant la campagne électorale. Que retenons-nous de ces débats? Plus souvent qu’autrement: qui a gagné, qui a perdu?

En ce sens étroit, le mot «débat» est inapproprié pour décrire ce qui se passe dans une communauté de recherche philosophique. Dans un tel contexte, il ne s’agit pas d’un débat, mais d’une délibération. Pourquoi tant insister? Parce que le mot «débat» nous renvoie, sans s’en rendre compte peut-être,  à l’idée qu’un point de vue doit l’emporter sur un autre, peu importe comment nous y parviendrons. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de délibérer. La délibération est une recherche et la recherche peut nous mener, non pas à la confrontation de différents points de vue, mais plutôt à la rencontre de ces derniers dans un effort de compréhension visant à réunir cette diversité en une image qui donne un sens élargi à notre expérience.

Bien que le mot «débat» puisse nous renvoyer à «une discussion ou un ensemble de discussions sur un sujet, précis ou de fond, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions, opinions plus ou moins divergents» (Wikipedia), il n’en demeure pas moins que ce mot a une connotation qui nous conduit à penser à la confrontation, à la divergence d’opinions, et à un résultat permettant de croire qu’un point de vue, une position, un argument sera plus fort qu’un autre. Dans une communauté de recherche philosophique, la confrontation de points de vue est bienvenue, mais la recherche ne saurait se limiter à cette confrontation. La recherche philosophique ne vise pas nécessairement à rechercher le point de vue qui devra l’emporter sur tous les autres. Il s’agit d’explorer la diversité des points de vue, d’imaginer comment ils peuvent se combiner entre eux, de voir comment l’objectivité peut être le résultat de l’intersubjectivité, autrement dit de la rencontre des différents points de vue et non du fait qu’un point de vue l’emportera sur les autres.

Parfois, il arrive qu’un point de vue soit à l’honneur car les arguments, exemples, analogies… nous conduisent à penser que ce point de vue a plus de sens, est chargé de plus de vérité que les autres présentés lors de la recherche. Mais ce n’est pas toujours le cas, car la vérité, la signification peuvent avoir plusieurs visages qu’il importe de prendre en considération si l’on souhaite vivre avec l’incertitude. Prenons un exemple pour mieux saisir ce qu’il en est. Supposons que la question à l’ordre du jour soit: est-il toujours mieux de dire la vérité? D’entrée de jeu, certains soutiendront que oui, car, estiment-ils, si on ne dit pas toujours la vérité, la confiance qu’on nous accorde pourra éventuellement être détruite.  Et sans la confiance, on voit difficilement comment il est possible de vivre ensemble de façon harmonieuse.  Qui plus est, l’honnêteté est une valeur fondamentale dans une société fondée sur le respect. Voilà certainement un point de vue digne d’être considéré. Mais d’autres ajouteront que le contexte pourrait aussi être déterminant pour décider s’il est adéquat ou non de dire la vérité. Ainsi, dans un contexte où la vie d’une personne est en jeu, le fait de mentir pourrait être considéré comme une acte approprié. Voilà un autre point de vue qui mérite aussi qu’on lui accorde une attention. Est-ce que l’un ou l’autre de ces points de vue doit l’emporter? Je crois, je pense qu’ils doivent plutôt être considérés comme pouvant se combiner car, chacun, à sa manière, aide à donner du sens à notre vie, à ce que nous croyons juste de dire, de faire ou de ne pas faire.

Évidemment, il n’est pas dit que tous les membres de la communauté de recherche seront d’accord pour combiner ces points de vue. Certains, au terme de la recherche, un terme toujours temporaire, (cent fois sur le métier…) continueront de penser qu’il est toujours préférable de dire la vérité, d’autres qu’il est parfois plus approprié de mentir (selon le contexte). D’autres, convaincus d’emblée qu’un point de vue ou l’autre était le bon auront peut-être changé d’avis en cours de route.  D’autres encore en viendront peut-être à considérer que la nuance s’impose et que le principe a besoin du contexte pour que le jugement soit raisonnable. Mais l’important dans tout cela, ce n’est pas qu’un point de vue l’emporte sur un autre, mais que chacun puisse, pas après pas, fois après fois, être capable de plus en plus de penser par et pour lui-même avec les autres, que chacun puisse, avec l’aide des autres, découvrir de plus en plus qui il est, ce qu’il pense vraiment, quels sont ses critères, sa personne  (et non le point de vue qu’il doit défendre, coûte que coûte parce qu’on lui aurait imposé, par exemple, dans le cadre d’un concours visant à identifier qui est le meilleur «débatteur»). L’important dans tout cela n’est pas d’identifier, parfois à l’aide d’un vote, le point de vue qui doit l’emporter, mais d’apprendre à vivre avec la pluralité des points de vue, avec la diversité des regards, avec l’incertitude de son existence dans ce mystère immense que nous appelons l’univers.

L’important dans une communauté de recherche philosophique, c’est d’apprendre, disait Ann Margaret Sharp, «que le travail de compréhension critique visant de meilleurs jugements consiste à entrer dans l’univers de l’autre». Quelle phrase!  Quelle phrase!  Si lourde de sens pour comprendre ce qui se passe dans une communauté de recherche philosophique.  Un lieu de compréhension mutuelle, et non un lieu où il s’agit d’éliminer l’univers de l’autre au profit du mien qui serait plus vrai! Certes, la vérité est importante, mais qui peut dire, avec certitude, qu’il l’a enfin trouvée cette vérité grâce à la confrontation? Qui peut dire, sans l’ombre d’un doute: voilà ce qui est vrai, surtout lorsque les questions qui sont en jeu touchent les rapports entre les humains? Humain, trop humain, disait une participante d’une des communautés de recherche vécues à Genève cette semaine… Trop humain, car faillible, car petit dans cette immensité de l’univers  dans lequel nous sommes.

Voilà pourquoi je pense qu’il importe de retirer de notre vocabulaire le mot «débat» quand il s’agit de décrire ce qui se passe lorsqu’on contribue à la création d’une communauté de recherche philosophique. La délibération a bien meilleur goût. Certains ne seront pas d’accord avec moi et j’en suis bien content, car je m’avance, comme disait Montaigne, vers celui qui me contredit, vers celui qui m’instruit. L’humilité a sa place, même en philosophie, surtout en philosophie! Une amie, Stella M Accorinti a eu la généreuse idée, et la gentillesse de traduire l’article en espagnol… Le voici:

Acabo de regresar de una estancia en Suiza durante la  cual tuve la oportunidad de conocer a gente maravillosa. Personas  dedicadas a la educación de pequeños seres humanos , gente feliz de contribuir al desarrollo de una sociedad mejor,  habitada  por personas razonables capaces de ejercer un juicio equilibrado. Una de las cosas que me marcaron mucho cuando estuve en Europa en esos días fue  el uso frecuente de la palabra « debate » para describir la investigación en que está involucrada en la comunidad de investigación filosófica. La palabra « debate » tiene muchos significados y muchas connotaciones. Entre ellos se encuentra la  famosa connotación de debate de los líderes durante la campaña electoral. Que recordamos de  estos debates? No más de una cosa: ¿quién ganó, quién perdió? En este sentido estricto, la palabra « debate » es inadecuada para describir lo que sucede en la comunidad de investigación filosófica. En este contexto, no se trata de  un debate, sino de una deliberacion . ¿Por qué la insistencia? Debido a que la palabra « debate » nos lleva sin darnos cuenta tal vez, a la idea de que un punto de vista debe prevalecer sobre el otro, y no importa cómo llegamos allí. Pero este no es el caso cuando se trata de deliberar. La deliberación es una investigación y la investigación nos puede conducir, no a la confrontación de puntos de vista diferentes, sino a su encuentro en un esfuerzo por comprender esta diversidad de reunirnos en una imagen que da un significado más amplio a nuestra experiencia.Aunque la palabra « debate »  puede referir a « una discusión o un conjunto de debates sobre un tema, exacta o de fondo, a la que asisten las personas con opiniones, ideas, pensamientos, opiniones, más o menos divergentes » (Wikipedia ), el hecho es que esta palabra tiene una connotación que nos lleva a pensar en la confrontación, la diferencia de opinión y una calificación por creer en un punto de vista, una posición, un argumento como mas  fuerte que el otro.   En una comunidad de investigación filosófica, la confrontación de puntos de vista es bienvenida, pero la búsqueda no se limita a esta confrontación. La investigación filosófica no pretende necesariamente recabar las opiniones que prevalecerán sobre todas las demás. Se está explorando la diversidad de puntos de vista, para ver cómo se pueden combinar para ver cómo la objetividad puede ser el resultado de la intersubjetividad, es decir, la reunión de los diferentes puntos de vista y no el hecho de que un punto de vista prevalecerá sobre los otros. A veces sucede que un punto de vista es honrado con argumentos, ejemplos, analogías … y eso no lleva a pensar que este punto de vista tiene más sentido, esta cargado con un plus  de verdad mas que los otros argumentos  presentados en la investigación. Pero esto no es siempre el caso, porque el significado de la verdad  puede tener muchas caras que se deben tener en cuenta si queremos vivir con la incertidumbre. Veamos un ejemplo para entender mejor de que se trata. Supongamos que el tema de la agenda será: ¿es siempre mejor decir la verdad? Desde el principio, algunos dirán que sí, porque, dicen, si no  decimos  siempre la verdad, la confianza que nos han otorgado posiblemente podría ser destruida. Y sin confianza, no está claro cómo es posible vivir juntos en armonía. Por otra parte, la honestidad es un valor fundamental en una sociedad basada en el respeto. Este es sin duda un punto digno de vista a considerar. Sin embargo, otros añaden que el contexto puede ser decisivo para decidir si es adecuado o no decir la verdad. Así, en un contexto donde la vida de una persona está en juego, el hecho de la mentira puede ser considerado un acto apropiado. Esta es otra perspectiva que también merece ser objeto de atención. Acaso uno u otro de estos puntos de vista debe prevalecer? Creo que más bien que se debe considerar como se pueden combinar ya que cada una a su manera, ayudan a dar sentido a nuestra vida, a lo que creemos justo decir, hacer o no hacer. Obviamente, no se dice que todos los miembros de la comunidad de investigadores están de acuerdo en combinar estos puntos de vista. Algunos, después de la investigación,   durante un  tiempo continuará pensando que siempre es mejor decir la verdad, y otras veces que es más apropiado mentir (en un contexto). Otros, convencidos desde el principio que un punto de vista o el otro era el correcto  pueden haber cambiado de opinión a lo largo del camino. Otros incluso pueden llegar a creer que son necesarios los matices y que las necesidades principales del contexto deciden cual  juicio es el mas razonable. Pero lo importante en todo esto no es que un punto de vista prevalece sobre el otro, sino que  todo el mundo puede, paso a paso, una y otra vez, ser capaz de pensar cada vez más por y para si mismo y con los demás, que todo el mundo puede, con la ayuda de otros, descubrir cada vez más quién es, lo que realmente piensa, cuáles son sus criterios, (no la opinión  que él tiene que defender a toda costa porque nos lo  hemos impuesto, por ejemplo, como parte de un concurso para determinar quién es el mejor « polemista ». Lo importante en todo esto no es identificar, a veces con un voto, el punto de vista que debe prevalecer, sino  aprender a vivir con la pluralidad de puntos de vista, la diversidad de miradas, con la incertidumbre de nuestra  existencia en este gran misterio que  llamamos el universo. Lo importante de la comunidad de investigación filosófica es aprender, como dijo Ann Margaret Sharp, « que el trabajo de la comprensión crítica de  los mejores juicios es entrar en el mundo del otro. » ¡Qué frase! ¡Qué frase! Esta frase es particularmente significativa para entender lo que sucede en una comunidad de investigación filosófica. Un lugar de comprensión mutua  no es un lugar donde se va a eliminar el universo del otro en beneficio de lo que sería más cierto! Por supuesto, la verdad es importante, pero ¿quién puede decir con certeza que finalmente descubrió esta verdad a través de la confrontación? ¿Quién puede decir sin una sombra de duda: esto es cierto, sobre todo cuando las cuestiones en juego afectan a la relación entre los seres humanos? Humano, demasiado humano, dijo una participante en una de la comunidades de   investigación que visite en Ginebra esta semana … demasiado humano, falible como pequeño en este vasto universo en el que estamos. Por eso creo que es importante eliminar de nuestro vocabulario la palabra « debate » cuando se trata de describir lo que sucede cuando contribuimos a la creación de una comunidad de investigación filosófica. Deliberación sabe mejor. Algunos no estarán de acuerdo conmigo y me alegro porque , como decía Montaigne, el que me contradice, me instruye. La humildad tiene su lugar, incluso en la filosofía, y sobre todo en la filosofía! 

Traduccion: Stella Accorinti. 30 de noviembre de 2014.

La pratique de la philosophie, l’imagination des enfants et l’éducation à la paix

Extrait du livre Penser ensemble à l’école: Des outils pour l’observation d’une communauté de recherche philosophique en action

«Si tu ne penses pas, c’est comme si tu ne vibrais pas. Parce qu’un cerveau ça te fait penser tout le temps, et sans cerveau tu ne peux pas penser, puis sans penser moi je dis que tu ne peux pas vivre.» Olivier, 2e cycle du primaire

Les philosophes et les enfants sont des alliés naturels, car ils se nourrissent de l’étonnement. Ils aiment être surpris par l’inattendu, l’extraordinaire, l’inespéré. Infatigables, pourrait-on dire, ils aiment la vie, ils aiment penser à elle, et ils sont souvent en train de poser des questions pour lesquelles on ne saurait trouver de réponses définitives. «L’enfance, écrivait Christian Bobin, est dans la vie comme une chambre éclairée dedans la maison noire. Les enfants n’aiment pas aller dormir, n’aiment pas ce congé chaque soir donné à la vie. Cette résistance au sommeil, c’est le visage de l’enfance et c’est la figure même de l’excès: poser des questions qu’aucune réponse ne viendra endormir.» (Bobin, La merveille et l’obscur, Parole d’Aube, p.16) Lire la suite