Pourquoi le microprogramme de Philosophie pour enfants de l’Université Laval est-il également offert à Genève?

Me voici à nouveau au-dessus de l’océan Atlantique, à 3800 kilomètres de Québec, de retour d’une semaine passée à Genève, semaine pendant laquelle plusieurs activités étaient au menu, dont la remise des attestations aux finissants du microprogramme en Philosophie pour les enfants offert conjointement par l’Institut de l’École internationale de Genève et la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Ce fut un moment émouvant puisqu’il s’agissait de la première cohorte de personnes ayant décidé de s’inscrire, non pas à un ou deux cours universitaire en Philosophie pour enfants, mais bien à cinq cours (15 crédits) qui, réunis, forment un programme de premier cycle universitaire permettant de s’initier à la pratique de la Philosophie pour enfants telle qu’imaginée il y a près de 50 ans par deux philosophes américains: M. Lipman et A. M. Sharp.

Dans les lignes qui suivent, je présenterai 4 raisons qui, sous l’impulsion de Frédéric Mercier, ont conduit l’Institut de l’École Internationale de Genève à vouloir offrir ce microprogramme en Europe. D’autres raisons ont motivé l’Institut à faire ce pas: éducation à la paix, alphabétisation, construction de la résilience… la liste est longue. Mais, pour l’instant, je m’en tiendrai à celles-ci, car elles me semblent essentielles et permettent d’entrevoir pourquoi ce microprogramme, directement inspiré des travaux de Lipman et Sharp, est fondamentalement orienté par le souci de la formation de la pensée des enfants, une pensée d’excellence où pensée critique ET créatrice, se combinant, permettent la production de jugements raisonnables.  En philosophie pour enfants, il n’est pas question de raconter aux enfants ce que des philosophes ont pu penser à propos de tel ou tel sujet, il ne s’agit pas d’enseigner la philosophie au petit de l’être humain afin qu’il devienne un philosophe à son tour, mais de pratiquer les actes de philosopher afin que les enfants s’engagent personnellement dans l’aventure de la pensée et deviennent ainsi en mesure de produire de plus en plus des jugements nuancés. Lire la suite

La pratique de la philosophie en communauté de recherche: entre rupture et continuité

La pratique de la philosophie en communauté de recherche est un acte subtil, exigeant de la part des participants et de l’animateur une attention soutenue et le déploiement d’une pensée complexe, multidimensionnelle où pensée critique, créatrice et attentive sont en constant dialogue. Imaginée par Lipman et Sharp comme étant le contexte le plus approprié pour pratiquer la philosophie avec les enfants, elle permet notamment le développement ou le renforcement d’habiletés de penser utilisables dans différents contextes et l’intériorisation de dispositions sociales permettant un mieux vivre-ensemble. Appuyée par des centaines d’expérimentation montrant les bienfaits d’une telle pratique, il n’est pas étonnant qu’elle soit présente dans près de 70 pays et que sa popularité n’a de cesse de grandir. Utilisée à l’origine principalement avec les enfants, elle fait maintenant l’objet d’expérimentations avec des gens de tous âges. Par là, la pratique de la philosophie me semble retrouver ses origines : une activité sociale visant à penser sa vie et vivre sa pensée, comme l’évoquait André Comte Sponville. Et cela n’a pas d’âge, ni de contexte précis. Lire la suite

L’animation d’une discussion philosophique avec les enfants: un geste lucide

Eve

Avec l’autorisation de mon éditeur, M. Denis Dion, directeur des Presses de l’Université Laval, j’ai le plaisir de déposer ici un certain nombre d’extraits des livres que j’ai publiés dans cette maison d’édition, dans la collection «Dialoguer». Tout récemment, j’ai publié certains extraits du livre Êve:  Êve: enquête philosophique sur la sexualité et l’amour.

Voici un autre extrait (le dernier pour l’année 2015) de La pratique de la philosophie avec les enfants, le chapitre 4: L’animation d’une discussion en communauté de recherche: un geste lucide. Vous avez aussi accès au chapitre 11 portant sur la musculature du langage.  Mais avant, quelques mots sur l’entier du livre. Il s’adresse à tous ceux et à toutes celles qui, de près ou de loin, s’intéressent aux droits et libertés des enfants. Il y est question des principes et des moyens qu’une approche éducative – la philosophie pour les enfants – met en œuvre afin de permettre aux enfants d’apprendre à penser par et pour eux-mêmes.

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